Algérie-et-son-gouvernement

Bouteflika, Le “président Invisible”

Il y a 15 années, Monsieur Abdelaziz Bouteflika est arrivé au pouvoir en 1999, la constitution algérienne avait été modifiée quelques années plus tôt afin que son article 74 définisse la limite des mandats présidentiels à deux. En 2008, Abdelaziz Bouteflika a décidé d’augmenter les salaires des législateurs, il a ainsi influencé les députés de violer la constitution en modifiant sans un référendum, sans prendre en considération l’opinion du peuple algérien, et donc pour plusieurs algériens le troisième mandat a été volé. Les algériens sont très attachés à l’article 74, parce que même si Bouteflika a été «élu» dans des conditions qui n’étaient pas transparentes, les algériens se sont dit qu’il gouvernera encore pendant deux mandats, puis il passera le flambeau, de préférence allumé, au prochain Président. Ce qui ne fut pas le cas, lorsqu’un président a une date limite à son mandat, comme dans de nombreux pays démocratiques, il sait qu’il devra quitter un jour, et comme il devra rendre compte de ses actions pendant son mandat, il fait en sortes qu’il y ait moins d’erreurs. Mais lorsqu’un président décide de rester au pouvoir jusqu’à la mort, comme u An dictateur ou un monarque, toutes les actions sont permises, le pays lui appartient.

Un troisième mandat volé

Lorsqu’on se réfère au dernier discours du président Bouteflika de mai 2012, il avait annoncé que sa génération était terminée en poursuivant que l’homme doit connaître ses limites, malgré un troisième mandat volé, les algériens espéraient avoir des élections qui promettent l’espoir et la démocratie. A souligner, qu’un président qui reste au pouvoir pendant plus de dix ans, pour plus de deux mandats, prend en otage tout un pays et étouffe la voix de la démocratie. Notons que la nouvelle génération algérienne n’est plus connectée avec un président qui est resté trop longtemps au pouvoir.

Un état de santé qui suscite l’intérêt public

Depuis son AVC en 2013 , qui a valu au président Bouteflika une hospitalisation de 80 jours , suivi d’une nouvelle alerte en janvier 2014, l’état de santé du président algérien inquiète les algériens et ne cesse de nourrir les débats, serait-il de conserver et assurer son rôle et ses fonctions au sein du gouvernement? Son absence durant toute la dernière campagne présidentielle fait douter de l’optimisme de l’entourage du président qui indique que sa santé va de mieux en mieux. Même étant très malade, il a insisté pour garder le pouvoir pendant 15 années. Par conséquent, la nouvelle génération estime qu’il n’est pas en état de gouverner vu son état de santé. Ainsi, la popularité de Bouteflika s’est affaiblit pour ne pas s’être adressé au peuple algérien depuis deux ans, ne pas avoir tenu de conseil des ministres et n’avoir pas pu mener campagne lui-même en 2014. Ce qui accentue la désaffection des algériens à l’égard du régime Bouteflika.

Le pouvoir de l’ombre ou l’homme derrière Bouteflika

Certains pensent que Saïd Bouteflika, le frère du président Abdelaziz Bouteflika, serait le pouvoir de l’ombre qui a pris le pouvoir depuis la maladie de son frère, nommé conseillé spécial à la présidence lors du premier mandat de son frère, il a toujours conservé et gardé une forte influence sur son frère, il dirige à sa place les ministres et les hauts fonctionnaires.

La corruption étouffe le vote des algériens en avril 2014

Une Mascarade électorale

Les résultats officiels du scrutin algérien d’avril 2014 symbolisent une mascarade électorale, un processus visant à imposer Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat. Le peuple algérien n’a pas été réellement consulté pour indiquer leur choix de chef. Ainsi, la mission d’observation de l’Union européenne a remis un rapport détaillé au sujet de la dernière élection présidentielle, dans lequel , elle étaye toutes les instrumentalisations ainsi que les manipulations frauduleuses dont a fait l’objet le dernier scrutin, complété par un constat établi par «The Electoral Integrity Project» et qui a valu à l’Algérie le classement à la 103 éme place au chapitre de la transparence, de la régularité et de la sincérité des processus électoraux.

Le mouvement `Barakat`et l’hymne à la liberté d’expression

Aujourd’hui, le peuple algérien revendique une liberté d’expression et une application de la loi qui définit les règles démocratiques dans le pays, ainsi le mouvement “Barakat“ fut crée afin d’établir une démocratie en Algérie. En effet, il conteste le fait que l’histoire de l’Algérie leur appartient et non seulement à un parti unique, le but de ce mouvement est de protéger les algériens de tout les excès de pouvoir qui risque de compromettre leur droit à l’expression. En 1988, un mouvement similaire allait presque voir le jour, s’il n’avait pas été étouffé par le gouvernement en place. En fait, l’Algérie a vécu des moments très difficiles, les protestants du mouvement “Barakat“, motivés par l’injustice sociale, étaient descendus dans les rues pour s’exprimer. Suite à cette protestation, le gouvernement Bouteflika a fait en sorte de leur faire mémoriser cette sortie dans les rues, depuis ce jour, une partie de la société s’est refugié dans les bras de Dieu et d’autres ont rejoint le FIS (front islamique du salut) qui à son tour a essayé de monopoliser la religion. Pendant ce temps, le parti au pouvoir, le FLN (front de Liberté Nationale) a tenté lui aussi de monopoliser l’histoire de l’Algérie.

Le FLN, un parti au grand pouvoir

Ainsi, Le Front de libération national (FLN), a été créé en novembre 1954, c’est un parti politique présidé aujourd’hui par le président Abdelaziz Bouteflika, il a aussi été à la base crée pour obtenir l’indépendance de l’Algérie de la France, l’armée de libération nationale (ALN) et le FLN débutent alors leur lutte contre les colons Français. Ensuite, ce parti s’organise pour former en 1958 un gouvernement provisoire, le GPRA. Dès la proclamation de l’indépendance, le FLN prit le pouvoir, s’annonçant comme le parti ayant permis à l’Algérie d’accéder à l’indépendance. Toutefois, d’importantes luttes internes déclenchaient de nombreux débats. Ainsi Ahmed Ben Bella, partisan d’un pouvoir militaire dissolu le GPRA prônant une Algérie démocratique, et prit alors la tête de l’État. Le FLN devient dès lors le parti algérien du pouvoir ceci dès 1962 avec l’installation de ben Bella au poste de Président de la République algérienne.

Le silence ou le chaos

Les protestants du mouvement “Barakat“ sont en colère parce que Bouteflika a rejeté leurs opinions et a violé la constitution. Les citoyens algériens par conséquent avaient aussi peur de déstabiliser le pays avec leurs protestations et pétitions, cependant cette stabilité sert de chantage que le régime utilise maintenant en invitant le peuple algérien à se taire, sinon ils risqueraient de déstabiliser l’Algérie, ce qui traumatise les citoyens algériens et les incite à garder le silence pour ne pas tomber dans un chaos social.